18.12.2009
Humour franglais
Comme toute femme qui se respecte, je n'ai strictement aucun sens de l'orientation. Or, aujourd'hui, j'avais décidé de me rendre au Musée de la Monnaie où se tient encore pour 48 heures une exposition photographique intitulée " Entre l'espoir et le chaos " traitant de l'Iran sur la période allant de 1979 à 2009.
Je descendis donc à la station Châtelet et me dirigeai en direction du Pont Neuf.
Comme la décision avait été prise à l'emporte-pièce, mon plan de la capitale était resté à domicile. Depuis le temps que je vis à Paris, je devrais pourtant être en mesure de me rendre quai Conti les yeux fermés. Et bien non ! Si nos chemins se croisent ne vous avisez jamais de me demander où se trouve la tour Eiffel car à tous les coups, je vous enverrai dans la direction opposée. Ce, en toute bonne foi car d'évidence, je me tourne le dos.
Où étais-je quand l'incident se produisit ? Quai des Gds Augustins ou Quai Malaquais ? Je suis actuellement incapable de vous le dire. En tout cas, je débouchais du pont, accélérai le pas en constatant qu'une riveraine tirait le rideau de fer d'une boutique d'antiquités et lui demandai,
- Excusez moi, mais pouvez-vous m'indiquer de quel côté est le quai Conti ?
la femme continua à tirer la grille du magasin et me répondit distinctement.
- Désolée mais je ne parle pas le français.
La réaction primaire et fort peu cordiale eut été de lui rétorquer,
- Vous vous foutez de ma gueule, ou quoi ?
Tout comme elle, j'optai pour le second degré et en peaufinant du mieux possible mon accent britannique, lui répondis,
- Oh ! sorry ...
Nous eussions été à Montréal, je ne doute pas un seul instant que me voyant indécise un cousin ou une cousine de La Belle Province serait venu spontanément à moi en me disant,
" Vous cherchez quelque chose ? ... Je peux vous aider ? "
Seulement voilà, nous sommes à Paris et l'amabilité n'est pas notre qualité première. Ici, c'est chacun pour soi et Dieu pour tous. (à condition qu'il existe ...)
Il faisait décidément trop froid et j'ai décidé de rentrer.
15:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.12.2009
Les chiens et les loups de Irène Némirovsky

Je comptais aller voir une expo aujourd'hui et puis le temps m'a dissuadée.
Il a neigé cette nuit sur Paris, ce matin également et j'ai préféré pratiquer le cocooning. Une fois n'est pas coutume ! Après tout, il n'y avait aucune urgence.
Il faut savoir se ménager du bon temps, parfois quand cela est possible.
J'ai lu il y a quelques temps un livre écrit par Irène Némirovsky lequel s'intitule " Les Chiens et les Loups " L'auteur y confronte deux couches sociales différentes.
En la circonstance, grands bourgeois et pouilleux. Pourtant l'ascendance est la même puisqu'il s'agit d'une grande famille juive, les Sinner dont certains ont réussi et d'autres pas. Les premiers vivent dans le luxe tandis que les autres survivent à peine en tremblant car les pogroms étaient fréquents en Ukraine.
" Tout est comparaison sur cette terre " nous dit l'auteur(e).
Seuls les adultes sont conscients des différences sociales, les enfants en revanche vivent leurs attirances sans a-priori. La vie se charge ensuite de fausser leur regard, les contraignant à adopter la vision des grandes personnes.
Ada et Harry ont immédiatement été attirés l'un par l'autre mais peut-on indéfiniment ignorer les règles fixées par la société ?
EXTRAIT (pages 202-203)
" Ah ! pourquoi ne suis-je pas venue chez toi, comme je l'avais tant rêvé, dans ta riche maison, avant ton mariage ? Je t'aurais plu ... Tu m'aurais suivie ... Mais non, non, cela même était trop tard ! ... Pourquoi es-tu né riche ? Pourquoi es-tu tenu par des meubles, des tableaux, des livres, des comptes en banque, mille chaînes. "
Quand on lit cela, on a envie de conclure : tout est dit.

Irène Némirovsky est née à Kiev en 1903 et sa famille s'est exilée en France suite à la Révolution d'Octobre. Le second livre qu'elle écrivit, David Golder la rendit célèbre et elle poursuivit son activité talentueuse jusqu'au 13 juillet 1942 date à laquelle elle fut arrêtée par la gendarmerie française. (...) Elle sera ensuite déportée à Auschwitz où elle finira ses jours le 17 août 1942.
Nous avons ce jour là perdu un grand auteur.
16:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.12.2009
Et si on allait au théâtre ? ...

Et si pour changer un peu, au lieu de choisir un film, on allait au théâtre car n'est-ce pas là encore que l'on parle le mieux de la vraie vie ? Où les problèmes actuels sont évoqués et souvent exposés avec lucidité, sans tricherie aucune.
Car emportés par le fil des jours, nous feignons trop souvent de ne rien voir de ce qui se passe autour de nous.
Certains pensent qu'au théâtre, tout est faux alors que très curieusement ce mode d'expression est là pour nous ouvrir les yeux. Mais entendons nous bien, au diable les conventions, la poussière plus ou moins dorée du théâtre dit de boulevard, c'est de représentation de la vie actuelle dont il s'agit.
On nous rebat les oreilles avec ce fameux " choc des civilisations " ce qui a pour conséquence d'enfermer ceux qui cohabitent (souvent par force) dans leurs coutumes respectives et ce, de façon imperméable.
Pourtant, si on veut bien regarder en arrière, il n'y a pas si longtemps ... nos aïeux raisonnaient de même sorte.
Certes, un frère n'allait peut-être pas jusqu'à régler le sort de sa soeur enceinte avant le mariage mais l'opprobre était garanti à celle qui ne serait plus désignée que sous le nom de " fille-mère".
C'était il y a bien longtemps allez-vous dire ? Avant mai 68 en tout cas. Date désignée comme la pire ou la meilleure des choses ...
Hier soir, j'ai jeté mon dévolu sur cette pièce jouée en un lieu où je ne vais pas très souvent mais y ai toujours vu des spectacles très intéressants.
Quelques mots du thème : 8 femmes + 1 vont se retrouver en un hammam. L'action se situe à Alger, de nos jours. La huitième est enceinte et son frère est parti à sa recherche pour laver l'honneur de la famille ... Je vous laisse deviner la suite.
L'auteur(e) de ce texte (Rayhana) est née à Bab el Oued et vit en France depuis quelques années. Il s'agit ici de sa première pièce écrite en français.
La Maison des Métallos est située au 94 de la rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris (métro : Couronnes ou Parmentier, bus : 96)
reservation@maisondesmetallos.org - 01 47 00 25 20
avec l'affiche correspondante voici quelques photos prises à l'entrée du lieu. (ça vous permettra de vous repérer).
du 8 au 19 décembre 2009 et du 5 au 16 janvier 2010 du mardi au vendredi à 20h.30, les samedi à 16h & 20h.30
(ça, c'est juste en face)
17:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





